La corruption dans le monde et où investir dans les pays

Quand vous choisissez un pays, il y a un critère à examiner : c’est le niveau de corruption.

Pourquoi ? Car cela peut mettre en danger votre investissement et le compliquer

Le Danemark et la Nouvelle-Zélande sont les plus vertueux dans la lutte contre la corruption, selon le rapport 2013 de Transparency International. L’ONG souligne qu’en Europe, la Grèce a fait bien mieux que l’Espagne. L’Afghanistan, la Corée du Nord et la Somalie ferment le classement.

 

Le Danemark et la Nouvelle-Zélande occupent la tête du classement Transparency sur la corruption, clos par l’Agfghanistan, la Corée du Nord et la Somalie - DR

Le Danemark et la Nouvelle-Zélande occupent la tête du classement Transparency sur la corruption, clos par l’Agfghanistan, la Corée du Nord et la Somalie – DR

Le dernier classement de la perception de la corruption dans le monde «dresse un tableau inquiétant», estime Transparency dans son rapport annuel paru ce mardi . «Alors qu’une poignée de pays obtient un bon résultat, aucun n’arrive à la perfection. Et plus des deux tiers ont moins de 50», pointe l’Organisation.

Les trois plus mauvais élèves, l’Afghanistan, la Corée du Nord et la Somalie atteignent huit points, tandis que les deux meilleurs, Danemark et Nouvelle Zélande, affichent 91 points. En queue de peloton, c’est-à-dire entre 10 et 19, se trouvent l’Irak, la Syrie, la Libye, le Soudan et le Sud Soudan, le Tchad, la Guinée équatoriale, la Guinée-Bissau, Haïti, le Turkménistan, l’Ouzbékistan et le Yémen. Et en haut du classement, entre 80 et 89, on trouve à côté du Danemark et de la Nouvelle-Zélande le Luxembourg, le Canada, l’Australie, les Pays-Bas, la Suisse, Singapour, la Norvège, la Suède et la Finlande. La France obtient en 2013 un score de 71, identique à celui de 2012, ce qui la classe au 22e rang sur 177 pays.

«Tous les pays menacés de corruption»

Transparency International, organisation non gouvernementale, établit chaque année un indice de perception de la corruption au sein des partis politiques, de la police, du système judiciaire et des services publics dans tous les pays, un fléau qui sape le développement et le combat contre la pauvreté. «La corruption affecte le plus les pauvres», commente pour l’AFP l’un des chercheurs de cette organisation, Finn Heinrich. «C’est ce qui ressort du classement : les pays les plus corrompus sont les plus pauvres et, dans ces derniers, ce sont les moins nantis qui en souffrent le plus. Jamais ces nations ne sortiront de la pauvreté si elles ne combattent pas la vénalité», ajoute-t-il.

«Tous les pays sont menacés de corruption, à tous les niveaux de gouvernement, aussi bien quand il s’agit de délivrer un permis local que lors de la mise en vigueur de lois et de régulations», met en garde la Canadienne Huguette Labelle, présidente de Transparency.

Syrie, Libye et Mali, grands perdants de 2013

Parmi les pays qui ont le plus perdu de points dans l’index 2013 se trouvent la Syrie, déchirée par la guerre civile, ainsi que la Libye et le Mali, tout deux en proie à des conflits militaires majeurs ces dernières années.

«La corruption va très souvent de pair avec l’éclatement d’un pays, comme vous pouvez le voir en Libye et en Syrie, deux pays qui ont enregistré la plus forte aggravation de la corruption», ajoute M. Heinrich. «Si vous regardez les pays en bas du classement, vous trouvez aussi la Somalie. Ce sont des pays où le gouvernement ne fonctionne pas de façon efficace et les gens doivent recourir à toutes sortes de moyens pour obtenir des services, se nourrir et survivre.»

«Pas de progrès tangibles» en Afghanistan

En Afghanistan, d’où les forces armées de l’Otan comptent se retirer l’an prochain après y être restées plus d’une décennie, «nous n’avons pas observé de progrès tangibles», constate-t-il.

En queue de peloton également, la Corée du Nord, «une société totalitaire complètement repliée sur elle-même», où des transfuges racontent que la famine aggrave encore la corruption «car vous avez besoin de connaître quelqu’un de corrompu au sein du parti pour survivre».

Parmi les pays qui «se sont le plus améliorés», bien que partant de très bas, la Birmanie, où la junte militaire au pouvoir a ouvert la porte à un processus de démocratisation. Ce pays, qui a vu les investissements bondir, s’est engagé à respecter des règles de transparence. «C’est la seule façon qui permette aux pays d’éviter ce que l’on pourrait appeler la ’malédiction des ressources’, c’est-à-dire le fait que les ressources soient seulement disponibles pour une très petite élite», dit M. Heinrich. «C’est notamment le cas du Nigéria et d’autres pays prospères grâce à leur richesse pétrolière.»

Athènes plus active que Madrid

La Grèce, durement frappée par la crise, a pris des mesures anti-corruption, alors que l’Espagne traine des pieds, estime l’ONG Transparency International en marge de la présentation de son index annuel mardi. «C’est un des résultats les plus intéressants, la différence entre l’Espagne et la Grèce», commentait pour l’AFP Finn Heinrich, chercheur de cette organisation basée à Berlin, à l’occasion de la publication de l’index 2013 de perception de la corruption dans le monde.

«Nous observons, dans ces deux pays, deux réponses assez différentes à la corruption dans un contexte de crise économique et je pense que les perspectives sont bien meilleures pour la Grèce que pour l’Espagne», dit-il. L’Espagne a dégringolé de la place 30 à 40 dans un classement recensant 177 pays au total. Partie de bien plus bas, la Grèce a amélioré sa position, en passant de 94 à 80.

« Ces deux dernières années, ces deux pays ont dû affronter la crise de l’euro, dont la corruption était l’une des origines», constate M. Heinrich. «Mais cette année, pour la première fois, la Grèce fait mieux et je pense que cela montre que le gouvernement attaque de front la vénalité. Ils ont engagé des poursuites judiciaires et nommé quelqu’un qui travaille étroitement avec le Premier ministre pour coordonner les mesures anti-corruption», ajoute-t-il.

«En Espagne, c’est presque l’inverse qui se produit», ajoute-t-il. «De plus en plus de scandales éclatent au grand jour, impliquant de haut responsables, et le gouvernement ne les prend pas au sérieux.» Il cite ainsi comme exemple les affaires de corruption, notamment dans le BTP, touchant de hauts responsables du parti conservateur au pouvoir. «Il y a un lien avec la crise de l’euro car les dérives de la bulle immobilière qui a explosé en 2008 ont montré que le modèle de croissance de l’Espagne n’était pas durable», ajoute-t-il.

 

Source : Afp, Les echos

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