Graphiques immobiliers en France sur une longue période, avril 2015 du CGEED

Voici une mise à jour du marché immobilier en France.

Les graphiques sur le prix de l’immobilier d’habitation sur le long terme ont été actualisés dans le dossier sur le prix des logements sur le long terme du site du CGEDD.

To English page: the charts about home prices in France in the long run have been updated.

a) Prix
Par rapport au mois dernier, les indices Notaires-INSEE du quatrième trimestre 2014 ont été révisés, et le revenu disponible des ménages au quatrième trimestre 2014 publié par l’INSEE est ressorti légèrement différent de l’estimation que nous avions utilisée. En conséquence, les ratios où ces grandeurs interviennent ont été révisés à la marge.
Au quatrième trimestre 2014, le prix des logements anciens en France, rapporté au revenu par ménage, est supérieur de 69% à la tendance longue qu’il avait suivie sur la période 1965-2001 (graphique 2.1.).
Par rapport au trimestre précédent, le revenu disponible par ménage a diminué. Dans certaines zones géographiques, l’indice du prix des logements a moins diminué que le revenu par ménage, si bien que le ratio de ces deux grandeurs a augmenté (graphique 2.4.).

Les taux d’intérêt immobiliers sont au plus bas depuis 50 ans (graphique 3.3.), malgré l’augmentation de leur écart par rapport au taux de la dette publique (graphique 5.5.) qui lui-même est au plus bas depuis au moins deux siècles (graphique 5.1.).
Néanmoins, du point de vue d’un accédant à la propriété, la faiblesse des taux d’intérêt ne suffit pas à compenser le niveau élevé du prix des logements: le pouvoir d’achat immobilier est inférieur de 23% à ce qu’il était en 1965 ou 2000 (graphique 3.2.) et, pour acheter le même logement « toutes choses égales par ailleurs », un primo-accédant doit s’endetter sur 23 ans, contre 15 ans en 1965 ou 2000 (graphique 3.4.).
Du point de vue d’un investisseur, l’indice des loyers ayant beaucoup moins augmenté que l’indice du prix des logements (graphique 2.3.), le rendement locatif net (loyer net de charges divisé par prix de cession) est aujourd’hui très faible. Néanmoins, il peut dans certains cas être supérieur au taux d’intérêt de la dette publique, en raison du très bas niveau de ce dernier (graphiques 1.4. et 5.1.).b) Volumes
NB: il y a deux mois, nous avons révisé les tendances longues auxquelles nous comparons le montant total et le nombre des transactions de logements anciens, comme décrit dans cette note.
Fin février 2015, en cumul sur les douze derniers mois, le nombre de ventes de logements anciens (maisons et appartements vendus à l’unité) s’est monté à 694 000, contre environ 800 000 de 2000 à 2011, hormis le décrochage de 2008 et 2009 (graphique 4.1.).
Il est inférieur de 32% à sa tendance longue (graphique 2.1.) et la vitesse de rotation du parc, à 2,4% par an, est revenue à son niveau de 1986-87 (graphique 4.2.).
Fin janvier 2015, le montant des ventes de logements anciens cumulé sur 12 mois est supérieur de 18% à la tendance longue (NB: révisée) qu’il avait suivie sur la période 1967-2000 (graphique 2.1.).
Nous reprenons ce mois-ci la publication d’un graphique représentant le nombre de logements mis en chantier, à partir des nouvelles séries publiées par le CGDD/SOeS.
Fin février 2015, en cumul sur les douze derniers mois, le nombre de mises en chantier de logements neufs s’est monté à 351 000 (graphique 6.2.). L’élasticité du prix des logements par rapport à leur nombre étant de l’ordre de -1 à -2, le nombre de logements construits n’influe que marginalement sur le prix des logements, comme souligné dans cette note.

c) En conclusion, si le montant total des transactions est peu supérieur à sa tendance longue, c’est par la conjonction de prix qui sont très supérieurs et de nombres de transactions qui sont très inférieurs à leurs tendances longues respectives.

Derniers documents mis en ligne / latest publications
* « Actualisation des graphiques 6.7. et 6.8. du « Capital au XXIème siècle » de T. Piketty », janvier 2015. Les résultats les plus récents de la comptabilité nationale suggèrent que:
– depuis 2007 la part du capital dans le revenu national a diminué
– et depuis 1996 celle du capital immobilier est constante.
* « Update of Charts 6.7. and 6.8. of T. Piketty’s « Capital in the Twenty-First Century » », January 2015. The latest data from French national accounts suggest that:
– since 2007 the share of capital in national income has been decreasing,
– and since 1996 the share of housing capital income has been constant.
* « L’élasticité du prix des logements par rapport à leur nombre », mars 2015 (actualisation d’un article d’août 2011 sur le même sujet). Au vu d’estimations figurant dans la littérature et de comparaisons interdépartementales, l’élasticité du prix des logements par rapport à leur nombre apparaît de l’ordre de -1 à -2, ce qui signifie que lorsque le nombre des logements augmente de 1% leur prix diminue d’environ 1 à 2% « toutes choses égales par ailleurs ».
* « Le montant et le nombre des transactions de logements anciens depuis 1967 et leurs « tendances longues » », février 2015. Cette note révise à la baisse la croissance des « tendances longues » auxquelles on compare le montant et le nombre des transactions de logements anciens, par rapport aux valeurs figurant dans de précédents documents. Elle reconstitue approximativement le nombre de transactions de logements anciens depuis 1967.
* « Le prix de l’immobilier d’habitation sur le long terme », janvier 2015, support de cours, ENPC.

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