Canada: endettement record pour les ménages

Source . Les Echos 13/12 | 20:17

Le taux d’endettement des ménages canadiens a atteint un niveau record au troisième trimestre, venant confirmer la crainte émise le mois dernier par le FMI sur les risques de ce niveau élevé, a annoncé vendredi l’institut de la statistique.

Le niveau d’endettement, soit la dette des ménages ramenée à leur revenu disponible, s’est élevé à 163,7% au troisième trimestre (+163,1% au deuxième trimestre). L’endettement des ménages canadiens était pratiquement égal à leur revenu disponible au tout début des années 2000, selon les chiffres de Statistique Canada.

Les nouveaux crédits des ménages (crédit à la consommation et immobiliers) ont totalisé 25,1 milliards de dollars canadiens entre juillet et septembre, dont 19,7 milliards sous forme d’emprunts hypothécaires. La dette hypothécaire a augmenté de 1,8% par rapport au deuxième trimestre et celle des crédits à la consommation de 1%.

« Cette nouvelle détérioration du bilan des ménages a poussé le ratio de la dette contractée sur le marché du crédit en proportion au revenu disponible à un nouveau sommet historique, ce qui ramène à l’avant-scène les préoccupations concernant la situation financière des ménages », a estimé Benoit Durocher, économiste de la banque Caisse Desjardins.

Fin novembre, le Fonds monétaire international avait émis des inquiétudes pour l’économie canadienne sur ce niveau d’endettement des particuliers, sans voir un inversement rapide en raison des faibles taux d’intérêt.

La marge d’action de la banque centrale canadienne est étroite car une baisse de ses taux directeurs encouragerait les ménages à contracter de nouveaux crédits. A l’inverse un resserrement monétaire pour ralentir l’endettement augmenterait la charge des intérêts de la dette pour les consommateurs et couperait toute relance économique par la demande.

« L’éventualité d’une réduction des taux d’intérêt directeurs dans les mois à venir peut être écartée, car les risques d’inciter les ménages à s’endetter davantage apparaissent trop grands par rapport aux bénéfices que pourrait en tirer l’économie canadienne », a indiqué M. Durocher.
En parallèle à leur endettement, les ménages canadiens voient leurs avoirs s’apprécier de 2,2% principalement grâce à la progression des marchés boursiers.

Les risques d’un décrochage du marché immobilier par rapport à l’activité économique sont réels et les économistes de la Deutsche Bank ont jugé en début de semaine que c’était au Canada que la bulle immobilière était la plus importante dans le monde, devant la Belgique et la Nouvelle-Zélande.

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